A l’origine du marché

 

Certains sont contre la marchandisation du monde, et souhaite que les valeurs humaines ne soient pas dénaturées par des relations marchandes. D’autres au contraire, attribuent au marché toutes les vertus, car le marché est l’élément central qui a permis et qui permet au pays de se développer. Mais pourquoi le MARCHE a-t-il pris une place aussi importante? Revenons à l’origine et à la naissance des théories du marché.

 

A la fin du XIXe siècle des économistes en Angleterre et en France vont souhaiter donner des fondements scientifiques à ce qu’on appelait à l’époque, l’économie politique. Ces économistes, que l’on nomme aujourd’hui les néo-classiques, vont créer tout un corpus théorique pour comprendre l’économie et le comportement des agents économiques rationnels. C’est ce qu’on appelle la microéconomie. Ainsi, l’économiste anglais A. Marshall (1842-1924) va analyser l’équilibre sur un marché et il sera à l’origine de la notion d’élasticité qui est un outil fondamental en économie.

 

 

Son concitoyen W.J. Jevons (1835-1882) est à l’origine de l’approche marginale, qui a donné notamment la notion de coût marginal.

Dans le même temps, Léon Walras (1834-1910), d’origine française va développer à Lausanne où il était professeur, le modèle de l’équilibre général. Tu connais bien ce modèle! Les offres et les demandes sont déterminées par les goûts, la qualité des produits, les coûts, … mais avant tout par les prix. Si on prend alors le prix comme unique critère de variation de l’offre et de la demande, alors lorsque les prix augmentent, l’offre augmente et inversement la demande baisse. Logique, non? Par tâtonnements, pour reprendre l’expression de L. Walras on arrive alors à un équilibre qui satisfait et les offreurs et les demandeurs.  

 

V. Pareto (1848-1923) qui va succéder à Walras, à la chaire d’économie de Lausanne, va consolider le modèle de l’équilibre général, et apporter une notion essentielle en économie, la notion d’optimum. Une situation est optimum en économie, lorsqu’on ne peut plus améliorer la situation d’un agent économique sans détériorer celle d’un autre. La concurrence sur les marchés permet selon Pareto d’atteindre l’optimum.

Voici donc quelques noms centrales à l’origine des modèles économiques tels qu’on te les enseigne aujourd’hui. Avant de refermer la page, il est bon de citer l’économiste américain Frank Knight (1885-1972) qui a développé le concept de Concurrence Pure et Parfaite (CPP) ou plus simplement Concurrence Parfaite. Revenons sur cette notion.

Selon F. Knight, la Concurrence Pure et Parfaite, est un marché qui répond à cinq critères.

Trois critères de Concurrence Pure:

. Il y a atomicité du marché. Cela se caractérise par une multitude d’offreurs et de demandeurs et donc le prix du marché s’impose à tous les acteurs

. Il y a homogénéité du produit. Autrement dit on peut comparer les produits entre eux et choisir celui qui est au meilleur prix.

. Il y a libre entrée sur le marché, ce qui permet à n’importe quel producteur qui souhaite rentrer sur un marché pour concurrencer d’autres producteurs de le faire.

Deux critères de Concurrence Parfaite

. Il existe une mobilité des facteurs. Prenons un exemple. Sur le marché du travail. Si il existe plus de chômage dans une région que dans une autre alors les actifs qui demandent un emploi, autrement dit les offreurs de travail sont mobiles et vont donc pouvoir se déplacer dans la région plus dynamique. Cela permet d’équilibrer le marché.

. Il y a transparence des informations. Autrement dit, pour que chaque agent puisse prendre une décision rationnelle sur un marché, il doit connaître les informations qui vont lui permettre de faire un choix.

Ces hypothèses, tu en conviendras toi même, sont très restrictives et il est fort possible que de nombreux marchés réels ne respectent pas les conditions de la CPP. Il serait souhaitable alors, de tout mettre en œuvre pour tenter de se rapprocher des conditions de la CPP, ce qui permet d’atteindre l’optimum de production .Ainsi la politique européenne de concurrence a pour objectif de rendre la concurrence libre et non faussée. Par des contrôles et des actons coercitives le cas échéant comme des amendes, l’Europe empêche par exemple les stratégies monopolistiques. Ainsi, en 2017, la Commission européenne a condamné Google a versé une amende de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante.

D’après cette vision de l’économie où on laisse faire le marché, plus les marchés se rapprochent des conditions de Concurrence Pure et Parfaire et plus on considère que cela est bon pour le consommateur puisque le prix s’impose au producteur, en économie on l’appelle le price-taker (le contraire c’est le producteur qui  est dominant et se permet de proposer son prix. Il est alors price-maker). Les conséquences vertueuses du marché sur le pouvoir d’achat des consommateurs, permettent ainsi la croissance économique. En effet, le consommateur va pouvoir consommer dans d’autres domaines et permettre ainsi le développement d’autres secteurs économiques.

Et voila pourquoi le MARCHE, s’est imposé comme un modèle central pour le développement économique.

 

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